Étude thermique RE 2020 : les 5 méthodes de calcul et quand les utiliser

Calcul complet, extension, petite surface, Titre V : découvrez les 5 méthodes de calcul d'une étude thermique RE 2020 et celle qui s'applique à votre projet.

étude thermiqueméthode de calculTh-BCE 2020extensionTitre V
Thomas Lefèvre

Publié le 6 octobre 2026

par Thomas Lefèvre

Plan de maison et tablette affichant une simulation thermique pour une étude RE2020

Deux voisins déposent leur permis le même mois. Le premier construit une maison de 110 m² et reçoit un devis d'étude thermique complet, analyse carbone comprise. Le second ajoute une extension de 40 m² et s'entend dire qu'il n'y a « presque rien à calculer ». L'un des deux se fait-il avoir ? Ni l'un ni l'autre.

Quelles sont les méthodes de calcul d'une étude thermique RE 2020 ? Les textes n'en approuvent qu'une seule : Th-BCE 2020 pour l'énergie, couplée à l'ACV dynamique pour le carbone. Ce qui change, c'est la part de cette méthode que votre projet doit réellement passer. On peut la ranger en cinq cas de figure, du calcul complet à la simple vérification de composants.

TL;DR

  • Une seule méthode officielle (Th-BCE 2020 et ACV dynamique), appliquée à cinq niveaux selon le projet.
  • Neuf au-dessus de 50 m² : calcul complet, avec les six exigences de résultat.
  • Extension de maison : deux seuils à retenir, 50 m² et 80 m².
  • Jusqu'à 50 m² : aucun indicateur à calculer, mais des exigences de moyens à respecter.
  • Titre V : la voie des systèmes que le logiciel ne sait pas saisir. Vous n'aurez presque jamais à l'ouvrir.

Une méthode officielle, cinq façons de l'appliquer

L'arrêté du 4 août 2021 approuve la méthode de calcul détaillée Th-BCE 2020, qui forme son annexe III. Le CSTB en a fait un moteur de calcul, distribué aux éditeurs de logiciels. Les logiciels agréés habillent ce moteur, ils n'en changent pas les règles. Rassurez-vous, personne ne vous demandera de réciter l'annexe III.

Le volet carbone repose sur l'analyse de cycle de vie dynamique, alimentée par la base INIES. Voilà pour la mécanique, elle est unique.

Ce qui varie, c'est l'exigence posée sur votre projet. Les textes prévoient des régimes allégés pour les petites constructions et les extensions, et une procédure d'exception pour les cas hors méthode. Le portail officiel des textes RE2020 en recense chaque étape. Concrètement :

Votre projetMéthodeCe qu'on calcule ou vérifie
Construction neuve au-dessus de 50 m² (maison, collectif, bureaux, enseignement)1. Calcul completLes six exigences de résultat
Extension de maison de 80 m² ou plus. Extension de collectif, bureaux ou enseignement de 150 m² ou plus, ou de plus de 30 % de l'existant (au-delà de 50 m²)2. Calcul complet adapté aux extensionsLes six exigences, avec des allègements
Extension de maison strictement entre 50 et 80 m². Certaines surélévations3. Calcul intermédiaireBbio, Ic construction et DH
Construction ou extension jusqu'à 50 m². Extension de collectif ou bureaux entre 50 et 150 m² et sous 30 % de l'existant4. Exigences de moyensDes composants et des dispositifs, aucun indicateur
Système ou projet que la méthode ne sait pas modéliser5. Titre VUn dossier d'approbation instruit au niveau national

La surface qui compte est la Sref, c'est-à-dire la surface habitable, ou la surface utile hors logement. Ce n'est pas la surface de plancher de votre permis.

Méthode 1 : le calcul complet Th-BCE 2020 et ACV dynamique

C'est la méthode « pleine » : celle d'une maison neuve, d'un collectif, de bureaux ou d'un bâtiment d'enseignement. Elle vérifie les six exigences de résultat : Bbio, Cep, Cep,nr, DH, Ic énergie et Ic construction. Pour le détail, nos guides sur le Bbio et sur l'Ic construction prennent chacun un indicateur.

Depuis le 1er mai 2026, elle s'applique aussi aux permis déposés pour les hôtels, restaurants, commerces, crèches, bâtiments universitaires, médiathèques, établissements de santé, gymnases, bâtiments industriels et artisanaux, et aérogares.

Le livrable est le RSEE, un fichier en trois parties : données administratives, volet énergie, volet environnement. Il est établi au dépôt du permis, puis mis à jour à l'achèvement des travaux pour la seconde attestation RE2020.

Un point que l'on oublie souvent : la version du moteur dépend de la date de dépôt du permis. Pour un dépôt à partir du 1er juillet 2026, c'est la version 2026.E1.0.0 qui s'applique.

Côté carbone, deux familles de données coexistent. Les données spécifiques viennent des FDES et des PEP des produits. Les données par défaut servent quand aucune fiche n'existe, et sont en général moins favorables. La FAQ officielle sur les données carbone détaille les deux.

Méthode 2 : le calcul complet adapté aux grandes extensions

Une extension est une partie nouvelle d'un bâtiment existant. La RE2020 ne s'applique qu'à elle, jamais à l'existant. Le calcul complet s'impose à partir de 80 m² pour une extension de maison, et à partir de 150 m² (ou plus de 30 % de l'existant, au-delà de 50 m²) pour un collectif, des bureaux ou un bâtiment d'enseignement.

Charpente en bois posée sur des murs en blocs, partie nouvelle d'un bâtiment en construction

Les six exigences restent les mêmes, mais la fiche d'application officielle sur les extensions, mise à jour le 1er octobre 2026, prévoit des allègements :

  • pas de mesure de la perméabilité à l'air : on retient des valeurs par défaut, sauf justification ;
  • pas de vérification de l'installation de ventilation ;
  • pas de traitement des ponts thermiques sur le premier niveau d'une surélévation ;
  • accès à l'éclairage naturel vérifiable à l'échelle du bâtiment entier.

Si vous construisez plusieurs extensions sur le même bâtiment, les surfaces peuvent être cumulées pour déterminer le seuil applicable.

Méthode 3 : le calcul intermédiaire des extensions moyennes

Pour une extension de maison strictement comprise entre 50 et 80 m², le calcul se resserre : on vérifie le Bbio, l'Ic construction et le DH. Le Cep, le Cep,nr et l'Ic énergie ne sont pas exigés.

On y ajoute des exigences de moyens ciblées : accès à l'éclairage naturel, traitement des ponts thermiques, automatismes, arrêt manuel et réglage du chauffage. Certaines surélévations d'immeubles relèvent aussi de ce régime.

En pratique, on garde ce sur quoi l'extension a la main : l'enveloppe (Bbio), les matériaux (Ic construction) et le confort d'été (DH). Précision de vocabulaire : « intermédiaire » est l'intitulé de la fiche officielle, juridiquement ce sont les exigences alternatives de l'article 50-3 de l'arrêté du 4 août 2021.

Thomas Lefèvre

Le conseil de Thomas

Avant de demander le moindre devis, notez trois chiffres : la surface créée, la surface existante et le fait que le chantier construise ou non un clos neuf. Avec cela, un thermicien vous dit en cinq minutes quelle méthode s'applique, et donc ce que le devis doit contenir. À 79 m² ou à 81 m², la prestation n'est plus la même : mesurez la Sref, pas la surface de plancher.

Méthode 4 : les exigences de moyens pour les petites surfaces

Jusqu'à 50 m², qu'il s'agisse d'une construction neuve ou d'une extension, aucun indicateur n'est à calculer. Le même régime couvre les extensions de collectifs ou de bureaux comprises entre 50 et 150 m² et inférieures à 30 % de l'existant.

On vérifie à la place des moyens : performance des composants, facteur solaire des baies, ponts thermiques, émetteurs de chauffage, éclairage, régulation, auxquels s'ajoutent des exigences issues de l'arrêté du 3 mai 2007. L'attestation est simplifiée, au dépôt comme à l'achèvement.

Cela ne veut pas dire « rien à faire ». Chaque exigence doit pouvoir être justifiée par vos plans et vos fiches produits. Pour une extension de 30 m², le budget d'étude reste logiquement bien plus léger que pour une maison, et c'est normal.

Méthode 5 : le Titre V pour ce que le calcul ne sait pas modéliser

Le logiciel ne connaît pas tout. Un système innovant, un procédé nouveau, un projet très atypique peuvent sortir du champ de la méthode. Le Titre V est la voie prévue pour valoriser ces performances, soit pour un projet précis, soit pour tout projet. Il existe en trois versions : opération, système et réseau de chaleur ou de froid.

Pompe à chaleur extérieure installée contre la façade d'une maison, exemple de système à saisir dans le logiciel

Le dossier passe par une instruction technique, puis par une commission d'experts qui se réunit au plus dix fois par an. Prévoyez des mois plutôt que des semaines. Dans la pratique, la démarche est portée par un fabricant ou par un maître d'ouvrage au projet vraiment singulier.

Avant d'en arriver là, vérifiez que votre système n'est pas déjà intégré. Plusieurs systèmes qui avaient fait l'objet d'un Titre V en RT2012 sont désormais saisissables directement dans la méthode, comme les fenêtres pariétodynamiques ou les pompes à chaleur triple service.

Choisir sa méthode en trois questions

Trois questions suffisent pour trancher dans la plupart des cas :

  1. Crée-t-on un clos nouvellement construit ? Si non, la RE2020 ne s'applique pas (voir plus bas).
  2. Quels sont l'usage et la Sref ? Le tableau du début donne alors la méthode 1, 2, 3 ou 4.
  3. Le logiciel sait-il tout saisir ? Si un équipement ou un procédé bloque, on explore le Titre V.

Si vous hésitez entre deux régimes (surface limite, extensions cumulées, surélévation), faites valider le cas avant de signer un devis. C'est le métier de la-re2020.fr, un bureau d'études thermiques basé en Normandie qui réalise des études et des attestations RE2020. Pour comprendre ce que contient une étude et ce qu'elle coûte, notre guide de l'étude thermique fait le tour du sujet.

Les chantiers qui échappent aux cinq méthodes

Sans partie nouvelle, il n'y a pas de RE2020. Sont renvoyés à la réglementation de l'existant : la rénovation d'un local, l'aménagement de combles sans surélever le faîtage de plus de 1,80 m, la transformation d'un garage en pièce habitable, la fermeture d'une loggia ou la création d'un plancher intermédiaire dans un volume existant.

À l'inverse, des combles aménagés avec un faîtage relevé de plus de 1,80 m créent bien une partie nouvelle, donc une extension au sens de la RE2020.

FAQ — Méthodes de calcul de l'étude thermique RE2020

Combien de méthodes de calcul existe-t-il pour une étude thermique RE2020 ?

Les textes n'approuvent qu'une seule méthode : Th-BCE 2020 pour l'énergie, associée à l'ACV dynamique pour le carbone. Selon le projet, on en applique tout ou partie : calcul complet, calcul complet adapté aux extensions, calcul intermédiaire, exigences de moyens, et procédure Titre V pour les cas que la méthode ne sait pas modéliser. Ces cinq méthodes sont une grille de lecture pratique, pas un classement officiel.

Une extension de 40 m² nécessite-t-elle un calcul RE2020 ?

Non, pas de calcul des indicateurs Bbio, Cep, Ic ou DH. Une extension jusqu'à 50 m² relève des exigences de moyens : on vérifie des composants et des dispositifs, avec une attestation simplifiée au dépôt du permis puis à l'achèvement des travaux. Chaque exigence doit rester justifiable par vos plans et vos fiches produits.

Quelle différence entre le calcul intermédiaire et le calcul complet ?

Le calcul intermédiaire concerne les extensions de maison comprises strictement entre 50 et 80 m² : il vérifie le Bbio, l'Ic construction et le DH, mais pas le Cep, le Cep,nr ni l'Ic énergie. Le calcul complet vérifie les six exigences de résultat de la RE2020, avec des allègements propres aux extensions.

Le calcul est-il refait à la fin du chantier ?

Oui. L'étude est établie au dépôt du permis de construire, puis mise à jour à l'achèvement des travaux pour produire la seconde attestation. Le fichier de résultats, le RSEE, doit alors refléter le bâtiment réellement construit.

Conclusion

Il n'y a pas cinq calculs concurrents, mais une seule méthode que l'on module selon la taille et la nature du projet. Le bon réflexe est de qualifier le projet avant de commander quoi que ce soit.

À retenir :

  • au-dessus de 50 m² en neuf, c'est le calcul complet, avec ses six exigences ;
  • en extension de maison, 50 m² et 80 m² sont les deux seuils qui changent tout ;
  • le Titre V est l'exception, pas la règle.

Un doute sur la méthode applicable à votre projet ? Écrivez-nous via le formulaire de contact, en précisant la surface existante, la surface créée et l'usage du bâtiment.

Thomas Lefèvre

Ingénieur thermicien, Thomas Lefèvre réalise des études réglementaires et des attestations RE2020 depuis l'entrée en vigueur du texte. Passé par un bureau d'études fluides du Grand Ouest puis par un constructeur régional de maisons individuelles, il exerce aujourd'hui en indépendant auprès de maîtres d'ouvrage, d'architectes et de particuliers. Il a instruit plus de 200 projets, du logement individuel au petit collectif. Sur ce blog, il traduit en langage clair des textes réglementaires souvent illisibles, avec les chiffres et les seuils à jour.